Témoignage de Christelle Le Dortz, céramiste sur l île de Sein

Christelle le Dorz
Céramiste, île de Sein

SAFIP : En quoi consiste votre travail ?

Christelle Le Dortz : “Je suis céramiste, je travaille la terre, le grès et la porcelaine et je fais essentiellement des objets utilitaires (tasses, assiettes, bols, etc).”

SAFIP : En quoi votre travail se différencie-t-il des autres céramistes ?

Christelle Le Dortz : “Mon travail est imprégné des îles, des paysages qui sont autour de moi. Il y a sur mes créations des motifs figuratifs, mais aussi des ambiances. Pour les personnes qui possèdent mes pièces et qui vivent loin de l’île, ces dernières leur évoquent l’île.”

SAFIP : Depuis combien de temps avez-vous lancé votre activité ?

Christelle Le Dortz : J’ai lancé mon activité en 2012 mais je vis de mon activité depuis 2015.

SAFIP : Qu’est ce qui vous a poussé à vous installer sur l’île de Sein ?

Christelle Le Dortz : Lorsque j’ai décidé de m’installer sur l’ile de Sein, je travaillais à l’époque dans la restauration et j’avais déjà appris la céramique mais je pensais que ce ne serait pas viable économiquement comme activité. Je voulais dans tous les cas m’installer sur l’île, et lorsque j’ai lancé mon activité de céramiste, j’étais toujours serveuse. La première saison de vente de mes pièces s’est très bien passée et c’est à partir de la saison suivante que j’ai pu me consacrer entièrement à la céramique. Mes pièces ont eu du succès dès le début de mon activité notamment grâce à la qualité de mon travail mais également parce qu’elles sont réalisées sur l’île de Sein qui est un spot touristique, avec des visiteurs qui reviennent régulièrement sur l’île. Je suis également la seule artisane d’art sur l’île de Sein, bien qu’il pourrait y en avoir d’autres sans que cela ne créer de la concurrence.

SAFIP : Pourquoi avez-vous adhéré à l’association Savoir-Faire des îles du Ponant ?

Christelle Le Dortz : J’ai souhaité adhérer à SAFIP dès que j’ai entendu parlé du projet, bien avant que l’association prenne forme. J’ai toujours eu la crainte que l’île de Sein devienne un « village vacances », c’est à dire qu’il n’y ait plus personne à l’année et beaucoup de monde en juillet/août. L’île est essentiellement habitée par des retraités originaires de Sein, une population vieillissante donc, et je me demande si on va pouvoir être assez nombreux à y vivre à l’année. Je souhaite que les gens qui vivent sur les îles à l’année soient reconnus, qu’on mette le doigt sur le fait que ce sont eux qui font vivre les îles.

SAFIP : Qu’est ce vous souhaiteriez que l’association Savoir-Faire des îles du Ponant devienne ? 

Christelle Le Dortz : Au printemps dernier, SAFIP a mené un travail pour faire reconnaitre à l’état (à la région) notre spécificité insulaire, et c’est ce qui nous a sauvé.  À partir de là, je trouve que SAFIP est devenu une sorte de syndicat qui défend les intérêts des adhérents. C’est une réalité depuis le printemps dernier et j’ai envie qu’à travers cette association, nous arriverons à nous affirmer de cette manière la.