Accueil

Savoir-faire des îles du Ponant

 est une marque territoriale qui valorise les entrepreneurs des îles du Ponant qui produisent des biens et services d’exception sur leurs territoires insulaires et qui créent des emplois durables.

17

entrepreneurs ont rejoint Savoir-faire Îles du Ponant

ET VOUS ?

Une marque créée grâce au soutien de

AIP-logo2015-NB
AIP-logo2015-NB
AIP-logo2015-NB

LES ENTREPRENEURS

Découvrez un réseau professionnel de femmes et d’hommes qui produisent des biens et des services d’exception, à l’année, sur leurs territoires insulaires.

légende

TÉMOIGNAGES

alain_mousnier
Alain MOUSNIER
Pâtissier – île d’Yeu

Pouvez-vous présenter en quelques mots votre activité et votre entreprise ?

Nous sommes fabricants de pâtisseries traditionnelles de l’île d’Yeu

Combien avez-vous de salariés ?

Nous sommes 6 salariés équivalents temps plein à l’année : 2 pâtissiers, 2 boulangers et 2 vendeuses, auxquels s’ajoutent 13 saisonniers d’avril à octobre. Nous sommes présents tous les jours de l’année sur le marché de l’île d’Yeu.

Nous travaillons et vendons toute l’année mais l’entreprise ne fait pas de bénéfices l’hiver. Mon comptable me conseille de fermer l’hiver, donc de licencier mes salariés, mais je n’en ai pas envie ! Et arriver en avant saison avec des gens à former ce ne serait pas réalisable ! Mes salariés sont formés et méritent un salaire correct. C’est moi qui prend le risque !

Les fins d’hiver sont parfois un peu difficiles, alors on bosse beaucoup l’été pour essayer de lisser les contrats sur l’année et ne pas avoir trop d’heures supplémentaires à payer.

Cette année, j’ai eu beaucoup de changements internes et de ressources humaines à gérer. Alors je dois être sur tous les fronts !

Pourquoi êtes-vous implanté sur l’île d’Yeu ?

Je suis né à l’île d’Yeu. Ma mère avait monté son entreprise, c’est une tradition familiale et j’ai repris l’entreprise depuis maintenant 30 ans !

Le fait d’être sur l’île d’Yeu a-t-il un impact sur votre fonctionnement ou votre politique d’entreprise ?

Le fait d’exercer ce métier sur une île à un véritable impact sur notre fonctionnement : nous sommes confrontés à des problématiques de saisonnalités importantes et de recrutement.

Je dois trouver des gens qualifiés qui doivent trouver un logement à l’année ou une location saisonnière sur l’île. Les prix sont tellement élevés que cela devient un vrai problème de faire venir des personnes sur l’île.

Quels bénéfices ou avantages trouvez-vous à produire sur une île ?

On vit bien ! Même si y’a plein d’autres endroits dans le monde où on est bien 😉

La concurrence est tout de même moins forte que sur le continent, nous avons la chance d’être dans un endroit sans zone commerciale et chaîne de magasins à bas prix, ce qui nous permet de continuer à utiliser des matières premières de qualité.

Et d’un point de vue personnel, vivre dans un monde fait pour les piétons et non pas pour les voitures comme c’est le cas sur le continent, c’est un vrai plus !

Pouvez-vous nous parler de vos produits ?

Notre tarte aux pruneaux a une fabrication particulière : c’est une recette traditionnelle de l’île d’Yeu, liée à son histoire. Bien sûr, il n’y avait ni pruneaux ni rhum ni cannelle sur l’île, mais de par sa situation géographique, l’île d’Yeu a été un grand port de cabotage. La tarte aux pruneaux est née comme ça. Aujourd’hui, nous faisons aussi des confitures aux pruneaux, aux fruits rouges, etc. J’essaie d’acheter des fruits de l’île aux particuliers qui ont de très beaux fruits (reines claude, tomates vertes, cassis, mirabelle, figues) et je les paye en bons d’achat.

Vos produits seraient-ils les mêmes s’ils étaient produits sur le continent ?

Non ! Avec la concurrence sur le continent, j’aurais été obligé de tirer sur les prix et donc sur les matières premières. J’utilise des produits de qualité et le même beurre depuis 30 ans !

Avez-vous une anecdote à raconter sur votre entreprise ?

“Betchet’s” signifie biscuit en patois, c’est-à-dire “cuit deux fois”. On l’appelle aussi biscuit du marin car il se conserve plusieurs jours en mer lors des longues traversées. C’est un biscuit sec traditionnel réalisé avec une base de farine, de sucre et de beurre. Il est dur à l’extérieur et tendre à l’intérieur. Le betchet se présente traditionnellement comme un gros galet un peu bombé mais il y a plus 50 ans la pâtissière Madeleine créa pour une cliente “un peu enquiquinante” le betchet plat. Cette cliente venait tous les jours acheter cinq betchets et les plaçait dans une boîte en fer. Les betchets ronds ne rentraient pas dans sa boîte métallique et la cliente tous les matins rouspétait de ne pouvoir ranger ces biscuits bien droits. Alors Madeleine excédée, inventa le betchet plat en écrasant la pâte à biscuit sans la lever !

Pourquoi souhaitez-vous adhérer au réseau Savoir-faire des îles du Ponant ?

Ce que je souhaite, c’est la pérennisation des emplois sur les îles et la défense de la vie insulaire à l’année. Je pense qu’un réseau comme Savoir-faire des îles du Ponant peut nous aider dans cette démarche. J’ai longtemps travaillé seul, mais maintenant j’ai sous ma responsabilité 19 salariés et autant de familles qui vivent de ce travail. Il faut faire venir des gens sur l’île et avoir des solutions pérennes pour les accueillir. Sinon, on va vite être coincé… Je ne souhaite pas me développer sur le continent tant que mes emplois salariés ne sont pas stables sur l’île.

Chritelle-Le-Dortz
Christelle LEDORTZ
Céramiste – île de Sein

Pouvez-vous présenter en quelques mots votre activité ?

Je suis céramiste, je travaille en haute cuisson le grès et la porcelaine pour faire essentiellement des objets utilitaires. Je vends mes créations depuis maintenant 4 ans.

Pourquoi êtes-vous implantée sur l’île de Sein ?

J’ai d’abord décidé de vivre ici, sur l’île de Sein. Puis j’ai dû trouver un logement et un emploi saisonnier. J’ai eu envie de créer mon atelier de céramique, mais je n’en avais pas les moyens. Un restaurant m’a proposé à l’époque un CDI et une personne de l’île m’a proposé de m’avancer de quoi investir dans l’équipement.

Une fois le matériel acheté, je me suis lancée dans la création et la vente de mes pièces. C’est ainsi que mon activité de vente a commencé et que j’ai pu rembourser mes frais. Au début, je pensais garder une double activité avec mon emploi de serveuse, mais au bout de 2 ans les ventes de mes créations me permettaient d’en vivre.

Vous devez avoi un attachement particulier à l’île de Sein, pouvez-vous nous en dire plus ?

Je peux difficilement expliquer rationnellement mon rapport à l’île de Sein. C’est plus dans les tripes que ça s’est passé alors je n’ai pas tellement envie de l’intellectualiser. C’est un ressenti que j’ai eu en venant ici, comme une évidence ! J’ai eu le sentiment de rentrer à la maison quand j’ai posé le pied sur l’île de Sein, et 3 ans plus tard j’y habitais.

Le fait d’être sur l’île de Sein a-t-il un impact sur ton fonctionnement ?

Cela fait maintenant 4 ans que je créé et beaucoup de personnes voient l’île de sein dans mes pièces. Je suis imprégnée par les éléments sans doute, et ça commence à se voir.

Je ne connais pas de céramiste qui ne vive que de la vente. C’est bien parce que je suis sur un territoire touristique avec peu d’artisanat que j’ai la chance de vivre que de mes créations.

Pouvez-vous nous parler de vos créations ?

Je travaille 3 terres différentes : la porcelaine de Limoges, la Royale porcelaine de Chine et le grès de Saint-Amand-en-Puisaye.

J’ai appris auprès d’une céramiste qui travaille la porcelaine et le grès. J’ai gardé cette porcelaine sur laquelle j’ai appris à tourner, puis j’ai ajouté la royale porcelaine de Chine pour ses effets de translucidité, et le grès traditionnel avec des formes plus contemporaines.

Utilisez-vous un procédé spécifique de fabrication ou un savoir-faire spécifique ou unique ?

C’est un savoir-faire qui n’a jamais existé sur l’île. J’utilise une recette d’engobe ancestral d’origine japonaise qui, avec le temps et l’expérience, me permet de donner une représentation de la mer et de l’atmosphère de l’île qui me paraît juste par rapport à ce que je vis au quotidien.

Vos produits seraient-ils les mêmes s’ils étaient produits sur le continent ?

Non ! Je suis très sensible au territoire sur lequel je vis donc ça se ressent dans mon travail. C’est l’île de Sein qui m’influence et qui m’inspire.

Avez-vous une anecdote nous raconter sur votre entreprise ?

J’ai la chance d’avoir été soutenue par des îliens dès mon arrivée sur l’île. Mais il y a aussi des freins : cela fait 4 ans que je cherche un atelier ! Le problème du foncier est particulier sur l’île de Sein. A ce jour, je n’ai toujours pas de local !

Une anecdote rigolote et touchante : lorsque mon four (à gaz, 200 kg) est arrivé, alors que j’allais l’accueillir à l’arrivée du bateau, plusieurs personnes m’ont dit : «  Alors ? C’est le grand jour ! ». J’avais l’impression que ça faisait autant d’effet que si je me mariais !

Pourquoi souhaitez-vous adhérer au réseau Savoir-faire des îles du Ponant ?

Cette marque est pour moi un outil qui permet une mise en réseau des entrepreneurs des îles. C’est nécessaire au niveau du développement économique des îles de valoriser ce qui est fait sur les îles, en suivant une charte et des principes exigeants.

erwan_tonnerre
Erwan TONNERRE
Groix Haliotis – île de Groix

Pouvez-vous présenter en quelques mots votre activité ?

Notre société fait de l’élevage d’ormeaux et d’huîtres à l’île de Groix en circuit fermé, (c’est-à-dire dans la même eau). Nous vendons nos produits sous 3 formes différentes : produits vivants, sous-vide et en conserve.

Combien avez-vous de salariés ?

Nous sommes 3 salariés équivalent temps plein à l’année et 3 salariés équivalent temps plein supplémentaires nous rejoignent pour la période de Noël. Nous avons en plus des stagiaires que nous formons à l’élevage d’ormeaux : ce métier requiert des connaissances bien spécifiques.

Pourquoi êtes-vous implanté sur l’île de Groix ?

C’est un choix stratégique de l’entreprise : les algues et l’eau sont de très bonne qualité sur l’île de Groix pour les ormeaux. L’île de Groix étant très touristique, cela donne une qualité supplémentaire aux produits. Et je suis natif de l’île. Je travaillais ailleurs mais je suis revenu sur l’île pour faire mon élevage d’huîtres et d’ormeaux.

J’imagine que vous avez un attachement particulier à l’île de Groix, pouvez-vous nous en parler ?

Mes ancêtres sont là depuis le 15ème siècle ! Tous ont travaillé dans les métiers de la pêche ou du mareyage.

Le fait d’être sur l’île de Groix a-t-il un impact sur votre fonctionnement ou votre politique d’entreprise ?

Oui ! Pour les commandes et les approvisionnements en matières premières, nous sommes calés par rapport aux horaires de bateaux.

Utilisez-vous un procédé spécifique de fabrication ou un savoir-faire spécifique ou unique ?

Nous avons un savoir-faire unique : l’élevage d’ormeaux. Ce savoir-faire technique que j’ai acquis et que je transmets est unique car les ormeaux sont une espèce particulière. Ça ne s’apprend pas à l’école ! Sur la planète nous sommes 300 éleveurs d’ormeaux, nous ne sommes que 2 en France !

Vos produits seraient-ils les mêmes s’ils étaient produits sur le continent ?

Je pense que non. L’eau ici est de très bonne qualité et à bonne température, et nous avons une richesse d’algues parfaite pour les ormeaux.

Pourquoi souhaitez-vous adhérer au réseau Savoir-faire des îles du Ponant ?

Je souhaite rejoindre le réseau pour développer les îles et la vie insulaire.

Personnellement je n’attends pas de bénéfice particulier, mon activité se porte bien. Mais je suis convaincu que ces réseaux aident au développement des îles. D’ailleurs, je suis déjà président des Producteurs de Groix.

Je fais cela pour mes enfants et pour les nouveaux qui souhaitent s’installer, car ce sont eux qui ont dû mal à se lancer. Montrer une union de toutes les îles nous fait du bien, notre unité insulaire existe.